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Articles avec #chroniques litteraires catégorie

2014-01-27T10:36:37+01:00

Intuitions - Rachel Ward

Publié par Sabrina Richard Auteur
Intuitions - Rachel Ward

Le mot de l'éditeur :

Depuis son plus jeune âge, Jem voit des nombres flotter au-dessus des personnes qu’elle croise. C’est le jour où sa mère décède qu’elle en comprend la signification : il s’agit de la date de leur mort. Ce don maudit la pousse à se couper du monde. Jusqu’au jour où elle rencontre Spider…
Alors qu’ils partent ensemble à la grande roue de Londres, un phénomène étrange se produit : tous les passants ont le même nombre au-dessus de la tête. Pris de panique, Jem et son ami prennent la fuite. Ils seront les seuls survivants de l’attentat. Mais aussi les seuls suspects…

RACHEL WARD a d’abord publié Intuitions sous la forme d’une nouvelle qui a connu un tel succès de bouche à oreille qu’elle l’a transformée en roman.

La dystopie, késaco ? :

On connaissait le phénomène de la Dystopie depuis que nous avions lu "Hunger Games". Mais pour ceux qui ne connaissent pas encore ce genre littéraire, voici la définition que nous donne le site Wikipédia :

"Une dystopie, également appelée contre-utopie, est un récit de fiction peignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur, certains disent aussi que c'est une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. L'auteur entend ainsi mettre en garde le lecteur en montrant les conséquences néfastes d’une idéologie (ou d’une pratique) présente à notre époque. La dystopie s'oppose à l'utopie : au lieu de présenter un monde parfait, la dystopie en propose un des pires qui puissent être envisagés. La différence entre dystopie et utopie tient plus à la forme littéraire et à l'intention de son auteur qu'au contenu. En effet, après examen, nombre d'utopies positives peuvent également se révéler effrayantes."

Bien entendu, avant "Hunger Games", d'autres auteurs ont écrit des livres qualifiés à l'époque de SF mais qui en fait étaient précurseurs de ce courant qu'est la Dystopie. Parmi eux nous pouvons citer : Ray Bradbury avec "Farenheit 451" ou encore Pierre Boule avec "La planète des singes".

Mon avis :

Jem est une ado qui, depuis sa plus tendre enfance, voit le nombre des gens, la date de leur mort. Un don lourd à porter surtout quand on ne peut le contrôler. Quoi qu'elle fasse, dès qu'elle regarde quelqu'un dans les yeux, le nombre s'imprime dans sa tête.

Un jour, alors qu'elle décide avec son petit ami de partir à Londres, elle s'aperçoit que tout le monde autour d'elle porte le même numéro...

Malgré les mises en garde qu'elle lance au public, l'inévitable arrive... des dizaines de morts jonche le sol de la capitale londonienne.

Malheureusement pour le jeune couple, des témoins de la scène donnent leur description à la police et les deux ado se retrouvent pourchassés, soupçonnés de terrorisme...

Dès les premières pages, on est happé par le style de Rachel Ward. L'écriture coule, les yeux suivent les mots et les pages défilent sans que l'on s'en aperçoive, et ça, pour une serial lectrice telle que moi, c'est un vrai bonheur.

L'idée du roman est originale. Je ne sais pas comment je réagirais si j'étais moi-même porteuse d'un pareil fardeau...

J'ai dévoré ce livre, ainsi que ses deux suites, puisque oui, il s'agit d'une trilogie, qui, oh bonheur, est maintenant complète en format poche ! Parce que, je ne vais pas vous le cacher, payer plus de 15€ pour un bouquin de 250p je trouve cela plus que cher et il serait temps que certains éditeurs revoient leurs prix à la baisse !

Si vous aimez la Dystopie, que le "paranormal" vous attire, foncez, cette trilogie est faite pour vous ! Et ne vous arrêtez pas au fait que ces livres sont rangés dans le rayon "Jeunesse" voire "Jeunes adultes", j'ai presque 40 piges et "Intuitions" fait partie de mes coups de cœur de l'année 2013 ;-)

"Intuitions" de Rachel Ward

Éditions : Michel Lafon Poche

ISBN : 1022400061

Prix : 6,65€

2014-01-21T16:25:53+01:00

Comme ton ombre - Elizabeth Hayes

Publié par Sabrina Richard
Comme ton ombre - Elizabeth Hayes

Le mot de l'éditeur :

2003. Cathy, jeune femme extravertie, ne pense qu’à sortir et collectionner les amants. Lorsqu’elle rencontre le séduisant Lee, elle pense avoir trouvé l’homme parfait. Il est beau, intelligent, attentionné…

Pourtant, Cathy ne parvient pas à être parfaitement sereine avec lui. Et lorsqu’elle parle de ses doutes à ses amies, toutes sous le charme, elle ne trouve aucun réconfort.

2007. Cathy a 28 ans mais en paraît 40. Paranoïaque, elle souffre de troubles obsessionnels compulsifs et refuse toute relation sociale, ne sortant plus que pour travailler. Toutefois, l’arrivée d’un nouveau voisin, avec qui elle lie connaissance, va l’amener à affronter ses angoisses ; c’est alors que l’ombre de Lee réapparaît dans sa vie…

Mon avis :

Envoutant, dérangeant, malsain... Tous les ingrédients sont là pour vous faire passer un très bon moment d'angoisse !

Construit comme une partie de ping-pong, on alterne entre la Cathy de 2003 et celle de 2007.

En 2003, Cathy est une personne tout ce qu'il y a de plus équilibrée et épanouie.

En 2007, elle n'ose sortir de chez elle sans avoir vérifier jusqu'à 7 fois que les rideaux sont bien ouverts de telle façon, que les couverts sont rangés dans leur compartiment, dans le bon tiroir et dans le bon sens, que les verrous de sa porte d'entrée sont actionnés et VRAIMENT fermés.

Entre ses deux époques, ces deux Cathy, une histoire coup de poing, racontée comme si on la vivait. L'angoisse monte au fil des pages et l'on ne peut qu'assister, impuissant, à l'inévitable...

La lente descente aux enfers commence alors pour la jeune femme qui va vivre le pire qu'une relation amoureuse puisse engendrer.

Un de mes plus gros coups de cœur !

"Comme ton ombre" d'Elizabeth Hayes

Le livre de Poche

ISBN : 2253161365

Prix : 7,22€ en poche

2014-01-11T09:27:57+01:00

Silo - Hugh Howey

Publié par Sabrina Richard Auteur
Silo - Hugh Howey

Le mot de l'éditeur :

Dans un futur indéterminé, des survivants vivent depuis plusieurs générations dans un immense silo creusé dans la terre, à l’abri d'une atmosphère devenue toxique. Seul un immense écran relayant les images filmées par des caméras les relie au monde extérieur. Lorsque cette société bannit l’un des siens, il est envoyé dehors, vers une mort certaine, et pourtant, tous sans exception vont, avant de mourir, nettoyer les capteurs des caméras. Pourquoi ? Une grande bouffée d’air (frais) dans la SF.

Mon avis :

Véritable coup de cœur de ce début d'année !

Cela fait quelques temps que je n'ai pas lu un livre qui me fasse autant voyager, frissonner et réfléchir.

Le texte est riche, très bien écrit, les personnages sont bien campés et l'on s'attache à eux facilement. Hugh Howey a créé un monde tout à fait crédible et réaliste.

Dans un futur post-apocalyptique indéterminé (on ne sait pas ce qu'il s'est passé ni quand ni où se déroule l'action), des hommes et des femmes vivent dans un silo souterrain de plus de 130 étages et profond de 3000 mètres.

Tout est prévu pour que cette portion d'humanité survivante puisse continuer à vivre pendant des décennies voire plus :

- des fermes hydroponiques sont situées dans différents étages,

- des génératrices d'électricité tournent à plein régime, alimentées par la nappe de pétrole se trouvant à proximité,

- des purificateurs/recycleurs d'eau ainsi qu'une nappe phréatique idéalement située sous le silo assurent la disponibilité en eau potable (idem pour l'air),

- le DIT (centre informatique sur plusieurs étages) gère le complexe,

- et un maire est élu pour veiller à ce que tout se passe bien, épaulé par des shérifs.

Derrière cette vision presque "idyllique" il y a la Religion, l'Ordre et l'Héritage.

La Religion, propagée, expliquée et inculquée dès l'enfance, interdit à quiconque d'émettre l'idée, de parler, voire même carrément de penser à "vouloir sortir".

A peine les mots auront-ils franchis vos lèvres que vous serez mis aux arrêts, que les Fournitures (service qui porte bien son nom) fabriquera votre combinaison protectrice et que vous serez envoyés à l'extérieur (en surface là où l'air est toxique) en vue du "nettoyage".

Votre mission est simple : comme son nom l'indique, vous devrez nettoyer les capteurs des caméras du Silo afin que les habitants puissent suivre, grâce à l'écran géant, l'évolution de la situation à la surface et que les scientifiques fassent des analyses sur les toxines.

Une fois votre tache terminée, il ne vous restera qu'une poignée de minutes pour regarder autour de vous et trouver un coin pour mourir... car une fois sorti, impossible de revenir en arrière, vous êtes contaminé...

Tous les nettoyeurs, sans exception, acceptent d'exécuter leur tâche. Pourquoi ? Que veulent-ils absolument montrer ?

Extrait :

"Les lourdes portes d'acier du silo s'ouvrirent et un grand nuage d'argon s'en échappa, qui tourbillonna dans un sifflement furieux. Le nuage semblait surgir de nulle part - le gaz comprimé avait fleuri en une mousse écumeuse au contact de l'air extérieur, moins dense en plus chaud.

Juliette Nichols passa une botte dans l'étroite ouverture. Les portes ne s'ouvrirent que partiellement pour contenir les toxines mortelles, pour maintenir la pression de l'échappement d'argon, elle dut donc se tourner pour se glisser dans l'intervalle et sa combinaison frotta contre les portes épaisses. Elle ne pensait qu'à une chose : le feu qui bientôt ferait rage à l'intérieur du sas. C'était comme si les flammes lui léchaient les talons, la forçaient à s'enfuir.

Elle tira sa deuxième botte du sas - et se trouva soudain dehors.

Dehors.

Il n'y avait rien au-dessus de sa tête casquée que les nuages, le ciel, les étoiles invisibles.

Elle avança, à pas pesants, émergea du brouillard d'argon chuintant et se découvrit sur une rampe qui montait et dont les encoignures étaient encroûtées de poussière piégée par le vent. Il était facile d'oublier que l'étage supérieur du silo était enterré. La vue de son ancien bureau et de la cafétéria créait l'illusion d'être de plain-pied avec le monde, d'avoir la tête dans le vent furieux, mais c'était seulement parce que les capteurs s'y trouvaient.

Juliette baissa les yeux vers les chiffres sur sa poitrine et se rappela ce qu'elle était censée faire. Elle gravit la rampe avec peine, la tête baissée, les yeux rivés à ses bottes. Elle ne savait même pas comment elle faisait pour bouger, si c'était l'hébétude à laquelle succombait le condamné - ou un simple réflexe de conservation, de fuite devant le brasier annoncé dans le sas, son corps retardant l'inévitable faute d'arriver à réfléchir ou à se projeter au-delà de la prochaine poignée de secondes." (pages 254 et 255)

Pour la petite histoire :

A la base Hugh Howey a publié "Silo" sous forme de nouvelles sur son blog. Après la première histoire ("Holston"), les internautes réclamèrent une suite, puis encore une, et une autre encore. Au final Howey écrivit 5 textes et, poussés par de plus en plus de lecteurs, décida de publier son livre en autoédition sur Amazon.

"Silo" est le premier tome d'une trilogie, qui, j'en suis sûre, n'a pas fini de faire parler de lui et je suis plus qu'impatiente de lire la suite.

Bio de l'auteur :

Fils d’un fermier et d’une institutrice, Hugh Howey est né en 1975 à Monroe, en Caroline du Nord. Il y passe les dix-huit premières années de sa vie en se passionnant pour les échecs, le football, l’informatique et la science-fiction. À l’université de Charleston (Caroline du Sud), il étudie la physique et l’anglais, mais il abandonne très vite ses études pour partir à l’aventure sur un voilier. Il navigue pendant cinq ans dans les Bahamas et réchappe à deux ouragans. De retour aux États-Unis, il entame une carrière de capitaine de yacht et voyage sur toute la côte est et les Caraïbes, de La Barbade à Chicago. À l’occasion de l’une de ces croisières, il rencontre sa femme, qui l’encourage à “jeter l’ancre” et à se consacrer à l’écriture. Le couple s’installe en Floride. Hugh Howey compose un premier roman qui, une fois publié, passe inaperçu. C’est en regardant les actualités à la télévision que lui vient l’idée d’un monde où la population ne serait informée que par un seul et douteux écran. Alors qu’il est employé dans une librairie universitaire, il décide de se lever tous les jours à trois heures du matin pour écrire le premier épisode de Silo. À ce jour, Hugh Howey et sa femme vivent à Jupiter, en Floride.

(sources : ici)

"Silo" de Hugh Howey

Éditions : Actes Sud

ISBN : 2330024304

Prix : 21,85€ broché et 14,99€ ebook

2013-09-18T07:55:41+02:00

Malakas... - Nicolas Didier Barriac

Publié par Sabrina Richard Auteur
Malakas... - Nicolas Didier Barriac

Résumé :

« Elles étaient deux : la pin-up excentrique et la bigleuse versatile. Pour une raison dépassant tout entendement, mon choix s’était porté sur la seconde sœur. Si sa myopie m’était apparue évidente lors de notre première rencontre – elle ne m’avait reconnu qu’une fois arrivée nez à nez avec moi – son égoïsme, lui, se cachait derrière des traits de caractère aussi aguicheurs que totalement factices. »

Nicolas Didier Barriac nous offre un roman drôle et tendre où un couple se délite lors d'un séjour sur l'île de Corfou. « Malakas... », avec son écriture musicale et sensible, pose un regard ironique sur l'effervescence des relations amoureuses tout en permettant à une galerie de personnages secondaires hauts en couleur de s'exprimer.

Visitez le site de l'auteur ici.

Mon avis :

"Malakas" n'est pas le genre de romans que je lis habituellement. Mais l'auteur m'ayant offert son roman, j'ai accepté d'écrire une petite chronique pour faire connaître son livre.

C'est l'histoire de Louis et de Lena. Ils font connaissance par le biais du net et décide de se rencontrer. Dès le début, le jeune homme se demande ce qu'il fait dans cette galère : Lena se pointe au rendez-vous avec sa sœur Artémis et la complicité qui lie les jeunes femmes déstabilise complètement Louis.

Heureusement, l'amour va pointer le bout de son nez et les deux tourtereaux vont vite se rendre compte qu'ils sont faits l'un pour l'autre... Jusqu'à ce que la mère de Lena intervienne.

Une vieille peau (et je pèse mes mots), qui parle franglais (ce qui est assez rédhibitoire), et qui passe son temps à humilier les gens sous couvert d'un grand sourire.

Après un dîner passé en la compagnie des trois femmes (la mère, Lena et Artémis), Louis a l'amère surprise d'être invité par sa belle-mère a passé des vacances en Grèce afin de faire mieux connaissance. Pris au dépourvu, il accepte... Comment cela va-t-il se terminer ? L'amour que se porte Louis et Lena résistera-t-il à ces quelques jours passés en famille ? Pour le découvrir, je vous invite à vous procurer le livre de Nicolas Didier Barriac ici.

"Malakas..." de Nicolas Didier Barriac

Auto-édition.

Prix Kindle : 2,99€ sur le site d'Amazon

2013-09-15T10:00:55+02:00

Angie, 13 ans, disparue - Liz Coley

Publié par Sabrina Richard Auteur
Angie, 13 ans, disparue - Liz Coley

Le mot de l'éditeur :

En camp de vacances, Angie, 13 ans, disparaît… Elle revient chez elle, persuadée de s’être seulement égarée quelques heures. En réalité, trois ans se sont écoulés.

Trois ans sans le moindre souvenir, si ce n’est de profondes cicatrices aux chevilles et aux poignets, et une étrange bague à l’annulaire.

Tout laisse à penser qu’Angela a vécu l’enfer…

Mais que s’est-il réellement passé ? Et pourquoi a-t-elle tout oublié ?

Mon avis :

C'est un thriller très sombre, dur, que nous livre Liz Coley. Au travers des séances avec son psy, Angela nous dévoile petit à petit ses impressions sur ce qu'elle a vécu.

Un matin, après 3 longues années d'absence (qui pour elle n'ont duré qu'une poignée d'heures), Angie se retrouve devant sa maison après avoir été poussée d'une camionnette. Elle passe la porte comme si de rien n'était, et dit simplement "Maman, c'est moi !"...

Imaginez le choc pour ses parents, sans nouvelles d'elle depuis 3 ans ! Et l'incompréhension de cette enfant qui se retrouve dans le corps d'une adolescent de 16 ans !

Au fil du récit on découvre toute l'horreur de ces années de captivité mais on ne peut imaginer le final, comme un coup de poing en pleine tête.

Un thriller dont vous vous souviendrez longtemps et qui est, pour le moment, uniquement disponible chez France Loisirs (et à mon avis, il devrait défrayer la chronique, lorsqu'il sera disponible en librairie vu qu'il a été élu par le Top Lecteurs de FL).

"Angie, 13 ans, disparue" de Liz Coley

Éditions : France Loisirs (références : 631950)

Prix : 19,50€

Extrait :

1

Interrogatoire

— Et maintenant, rentre chez toi…

Angie sentit une légère poussée entre ses omoplates. Elle trébucha, bras en avant pour ne pas perdre l'équilibre.

— Non ! protesta-t-elle, faisant volte-face, mais il n'y avait personne.

Un frisson la parcourut et elle secoua la tête pour s'éclaircir les idées. Une fois ce vertige dissipé, elle rouvrit les yeux, éberluée. C'était bien son impasse. Son quartier. Le soleil en était à la moitié de son ascension dans un ciel d'azur. Les vents chauds de Santa Ana ébouriffaient les liquidambars. Un liseré rouge ourlait les feuilles et de grosses boules hérissées de piquants jonchaient le trottoir. En août ?

Un poids alourdissait sa main gauche – un simple sac en plastique. Où était son attirail de camping ? Elle souleva le sac pour voir son contenu, et c'est là que la bizarrerie de la situation la frappa. Surprise, elle le lâcha et examina sa main. Quelque chose clochait… Ce n'était pas sa main. Ce n'étaient pas ses doigts. Ceux-ci étaient trop longs, trop fins. Et un étrange anneau d'argent parait son médium. Sa peau était sèche, rêche. Des cicatrices sombres encerclaient ses poignets comme des bracelets. Elle retourna sa main droite pour étudier les crevasses et les cals dans ses paumes, serra le poing pour voir. Pas comme… d'habitude.

De nouveau, elle pivota sur elle-même pour regarder en arrière. Comment était-elle arrivée jusqu'ici ? Elle ne se rappelait pas avoir autant marché. Elle se trouvait… dans les bois, non ? C'était si troublant.

Son ventre gronda, et sa main droite se plaqua dessus – plat, musclé. Et puis, d'où sortait cet affreux chemisier ? Fleurettes et ruchés ? Pas du tout son style. Ni Liv ni Katie n'auraient acheté ceci. D'ailleurs, quand bien même, elle ne le leur aurait pas emprunté.

Elle ramassa le sac et contempla un assortiment de fringues qu'elle ne connaissait pas. Un vague dégoût remplaça le creux dans son estomac. Elle se sentait planer, désorientée, déconnectée.

Son regard suivit les contours des maisons. De ce côté-là, tout était familier, Dieu merci. Les voitures en stationnement avaient l'air normales, et cela la rassura jusqu'au moment où elle vit Mme Harris pénétrer dans son garage avec une poussette. Or, Mme Harris n'avait pas d'enfant.

Elle piqua un sprint, sensible pour la première fois aux ampoules de ses pieds, aux courbatures de ses jambes. À la maison, il fallait rentrer à la maison. Évidemment. Elle s'était égarée dans les bois, mais elle était revenue à la maison.

Sa main chercha à tâtons la clé sous le paillasson, après quoi elle ouvrit la porte rouge.

— Maman ! appela-t-elle. Maman, c'est moi !

Elle franchit le seuil.

Dévalant l'escalier, le visage transformé en un criant masque d'incrédulité, sa mère éclata en sanglots. Elle lui ouvrit les bras, sans voix, la gorge nouée.

— Maman ! dit Angie dans ses cheveux. Arrête, tu m'étouffes…

Elle lâcha le sac qui toucha terre avec un petit bruit mat, chassa une mèche de cheveux maternels collés à ses lèvres. Des fils d'argent se mêlaient aux souples boucles brunes.

— Moi, je t'étouffe… ?

Desserrant son étreinte, sa mère la tint à bout de bras pour mieux la dévorer du regard.

— Moi, je t'étouffe… ?

Son rire résonna, pareil à un aboiement dur, hystérique.

— Oh, mon Dieu ! Oh, mon Dieu ! Un miracle ! Merci, mon Dieu ! Merci…

Et de lever les yeux au plafond :

— Merci…

À l'étage, on tira la chasse d'eau, et une voix masculine lança :

— Margie, c'est quoi ce vacarme ?

— Oh, ton père… lui chuchota-t-elle. Il va…

Elle ne pouvait plus parler. Son visage était blanc. Trop rond et blanc.

Des pas sur le palier meublèrent le silence. L'espace d'un instant, son père se tint là, les mains plaquées sur ses joues. Croisant celui d'Angie, son regard s'embua.

— Angela ? C'est vraiment toi… ?

Sa voix s'étrangla. Angie regardait alternativement ses parents.

— Euh… Qu'est-ce… qu'est-ce qui se passe ?

Ce n'était pas juste elle. Il y avait un truc aussi de leur côté. Un frisson glissa entre ses omoplates.

— Angel ?

Papa avait parlé dans un souffle. Il se tenait sur le palier, pétrifié. Ses cheveux noirs étaient devenus tout gris. Ses yeux mouillés de larmes semblaient avoir cent ans.

Le cœur d'Angie se mit à battre très vite et ses pieds la démangèrent comme s'ils avaient envie de détaler.

— Vous me foutez les boules…

— Nous, on te… ?

De nouveau, ce rire hystérique.

— Angie, où… où étais-tu passée ?

— Quelle question… ! répondit Angie.

Elle en avait des crampes à l'estomac.

— Je campais avec les scouts…

Cette façon de la manger du regard, c'était très gênant.

— Oui, je campais, répéta-t-elle, plus fermement.

Son père se mit à descendre l'escalier.

— Tu campais, répéta-t-il à son tour. Tu campais ?

Sa voix monta dans les aigus.

— Pendant trois ans ?

Angie ferma au verrou la porte de la salle de bains et s'y adossa. Sa serviette éponge, blanc crème avec des roses, était suspendue à la barre, là où elle l'avait laissée. Odeur d'assouplissant. Jamais elle n'avait été aussi contente de voir une serviette éponge. Ça, c'était impeccable. Nickel. Pas comme ses parents.

Se moquaient-ils d'elle ? Étaient-ils devenus fous ? Elle ne pouvait pas avoir disparu pendant trois ans. Ce n'était pas le genre de choses qui… s'oublie.

Elle ouvrit le robinet, puis se mira dans la glace. Des yeux d'un gris limpide la dévisagèrent à leur tour. Sur le coup, elle en oublia de respirer.

Cette fille aurait pu être sa sœur aînée – plus grande, plus mince. Ses pommettes étaient modelées alors qu'Angie avait les joues rebondies. Son visage était blafard alors que celui d'Angie était hâlé, grâce à la piscine. Elle avait de longs cheveux blond cendré, alors qu'Angie les avait dégradés et châtain clair. L'« autre » avait des biceps, la peau terne, des cicatrices anciennes, et également ceci, qui faisait d'elle une inconnue : des seins en pomme. Angie baissa les yeux sur sa propre poitrine. Merde. Des nichons ? Première nouvelle !

Elle effleura le dernier bouton de son chemisier, craignant de regarder.

Des coups à la porte la firent sursauter.

— Angela ! Angela, pour l'amour du ciel, ne fais rien !

La voix de son père était paniquée.

— Ne fais rien… !

Elle tourna le verrou et ouvrit la porte.

— Je ne…

Son visage s'empourpra de honte. Quelle honte ?

Le visage paternel était tendu. Une goutte de sueur perla sur son front. C'était fascinant. Angie réalisa qu'une moitié de menton seulement avait été rasée.

Il évita son regard, louvoyant vers la droite. Sa voix était sourde et enrouée.

— L'inspecteur Brogan sera là dans un quart d'heure. Il a dit de ne toucher à rien de ce qui pourrait constituer un indice.

— Un indice de quoi ? demanda-t-elle.

Le bruit de l'eau qui coulait ponctua le silence pesant tandis qu'il hésitait sur la réponse à donner. Son attention se fixa sur le lavabo.

— Oh, Seigneur… Angela. Tu ne t'es pas lavée… si ?

Elle souleva ses bras crasseux. La terre était si incrustée dans les plis et les pores qu'elle en était grisâtre.

— Quel indice ? répéta-t-elle. Un indice de quoi, papa ?

La bouche de son père se déforma pendant quelques instants. La goutte de sueur se mit à dégouliner.

— Un indice de ce qui a pu se passer…

Elle le regarda avec perplexité, déroutée. Le front de son père se plissa. Des cernes creusaient ses yeux.

— Tu ne vois pas du tout de quoi je parle ?

Angie se sentit stupide. Il attendait quelque chose de sa part. Quoi ? Mystère, mais elle sentait frémir sa colère. Émue, elle le rejoignit, lui enlaça la taille. Sa tête arrivait maintenant au niveau du menton paternel.

— Je t'aime… dit-elle.

Il se raidit sensiblement, s'écarta. Elle avait dû commettre un impair. Ses bras retombèrent le long de son corps. Elle se sentit glacée, au-dedans comme au-dehors.

— Je dois… je vais finir de me raser, dit-il à la cantonade, détournant la tête. Ferme le robinet. Descends. Va l'attendre avec ta mère…

Il traversa le couloir et referma la porte de la chambre derrière lui.

Angie eut vaguement la sensation qu'elle aurait dû pleurer. Mais tout était enchevêtré, glacé en elle, bloqué comme quand on retient son souffle dans l'attente d'une grande douleur. Elle se serait bien rongé un ongle, mais il était sale. « Indice ». De nouveau, son ventre se contracta. Indice de quoi ?

L'anneau à sa main gauche attira son attention. Pourquoi ne parvenait-elle pas à se rappeler où elle l'avait acheté ? Cette question la rendait étrangement nerveuse, et l'ébauche d'une migraine lui enserra les tempes. Elle ôta l'anneau et le déposa dans le porte-savon. La douleur s'estompa. C'était sans doute à Livvie, ou à Katie. Mieux valait ne pas trop y penser.

Le rasoir électrique ronronnait quand elle redescendit l'escalier. Soudain, elle se figea à mi-chemin, les pieds cloués à la marche, suspendue telle une enfant craintive entre le premier étage (papa) et le rez-de-chaussée (maman). Son pouls scandait les secondes. Quelqu'un approchait. Un inspecteur, avait dit papa. Elle surveilla la porte d'entrée où une ombre finit par troubler la vitre dépolie.

Sa mère se précipita hors de sa cuisine pour répondre au toc-toc.

Un grand type aux cheveux roux s'encadra sur le seuil. Sa mère se jeta dans ses bras en étouffant un sanglot. Il lui tapota le dos et leva les yeux vers le palier, où Angie hésitait encore.

Ses yeux s'écarquillèrent.

— Angela… murmura-t-il. Bienvenue à la maison.

Il se dégagea et lui tendit la main droite – mi-invitation, mi-poignée de main.

— Tu ne descends pas… ?

On lui avait parlé d'un « inspecteur » mais il portait un jean avec un accroc au genou, une chemise sombre à carreaux, aux manches retroussées jusqu'aux coudes. Il paraissait à l'aise, relax. Il paraissait… stupéfait.

2013-09-14T14:26:36+02:00

Alice au pays des trop vieilles - Christina Alonso

Publié par Sabrina Richard Auteur
Alice au pays des trop vieilles - Christina Alonso

Le mot de l'éditeur :

TROP VIEILLE ??? ELLE ! Alice manque de s’étrangler. Elle a quarante ans, c’est vrai. Elle ment (si peu) sur son âge, c’est vrai. Elle songe parfois au botox et à la chirurgie plastique, vrai aussi. Mais de là à se faire traiter de "vieille" par son rédac chef et virer du journal pour qu’une fille plus "jeune et dans le coup" prenne sa place…

Drôle et insolent, un livre jubilatoire en ces temps de régression machiste et de dictature de la jeunesse éternelle. À recommander à toutes celles qui ne sont pas si vieilles et émettent quelques réserves sur l’idée de le devenir.

Mon avis :

Comme le résume si bien l'avis de l'éditeur, ce livre est très drôle, j'ai eu plusieurs fous rires en le lisant. Ce petit livre se dévore très vite, inutile donc de l'acheter en grand format (15,39€ tout de même), alors que le poche se trouve à 0.50€ chez Boulinier par exemple.

Si vous approchez de la quarantaine, c'est LE livre anti-déprime à lire, je vous le recommande chaudement ;-)

"Alice aux pays des trop vieilles" de Christina Alonso

Éditions : J'ai lu

ISBN : 2290032115

Prix : à partir de 0.50€ chez Boulinier ou 4.75€ sur le site de la Fnac

2013-09-14T12:48:29+02:00

Les Chroniques Littéraires font leur rentrée !

Publié par Sabrina Richard Auteur
Les Chroniques Littéraires font leur rentrée !

Bonjour à toutes et tous,

C'est avec plaisir que je vous informe que les Chroniques Littéraires vont revenir très bientôt sur le Blog.

Au menu vous aurez de l'humour, du thriller, du polar girly mais pas que, des zombies, de la chick lit, de l'anticipation, du dramatique, des vampires d'un autre genre, bref de quoi faire plaisir à tout le monde.

Il est vrai que depuis que je me suis cassée la cheville, j'ai eu du temps pour lire... Maintenant que je n'ai plus mon plâtre je peux passer plus de temps devant mon pc et donc vous écrire de nouveaux avis de lecture.

A très vite pour la toute première chronique de la rentrée ;-)

(crédits image : http://la-cuisine-en-mouvement.over-blog.com)

2013-07-14T09:00:18+02:00

Ma vie à Rose Red - Ellen Rimbauer

Publié par Sabrina Richard
Ma vie à Rose Red - Ellen Rimbauer

Les fans de Stephen King ont sûrement vu la série "Rose red" au début des années 2000.

Voici la version d'Ellen Rimbauer.

Nous sommes en 1907, Ellen, fille d'un banquier se marie, à l'âge de dix-neuf ans, à John Rimbauer un pionner de l'industrie pétrolière. Le couple décide de lancer la construction d'un magnifique manoir mais des évènements terribles arrivent au fur et à mesure de l'avancement du chantier... comme si la maison ne les acceptait pas.

Les accidents de chantier sont nombreux, des gens disparaissent, des spectres se baladent...

Ellen Rimbauer se confie à son journal. Elle y raconte ses angoisses, ses doutes sur son état mental, son mari, ses hallucinations mais aussi sa triste vie conjugale, qui est loin de ressembler à ce qu'elle s'était imaginé...

A la fin du XXè siècle, Joyce Reardon, docteur en Etudes Paranormales à l'Université de Baumont, achète le journal lors d'une vente aux enchères et décide de mener une expédition scientifique au manoir de "Rose Red" afin de vérifier, de visu, les allégations du livre.

Ce qu'elle va y découvrir défit l'entendement.

Ses découvertes sont relatées dans la série de Stéphen King.

Cettte édition est tout simplement superbe, illustrée de photos de familles et du manoir en noir en blanc et de croquis représentant le plan, l'intérieur et l'extérieure du manoir.

Véritable journal intime ou invention pure et simple de l'auteur, les controverses sont nombreuses au début. La vérité sera révélée après pas mal de temps http://fr.wikipedia.org/wiki/Rose_Red

"Ma vie à Rose Red" d'Ellen Rimbauer.

Éditions : Albin Michel

ISBN : 222613778

Prix : tirage épuisé mais on peut le trouver en occasion (11,90€ en occasion sur le site de la Fnac).

2013-07-13T09:00:53+02:00

Rendez-vous avec Rama - Arthur C. Clarke

Publié par Sabrina Richard
Rendez-vous avec Rama - Arthur C. Clarke

Les informations sont formelles, un OVNI cylindrique est apparu dans notre système solaire et s'approche de notre planète.

Nous sommes en 2130 et jamais de mémoire d'hommes une telle chose est arrivée.

Après l'effroi et la perplexité, la raison reprend le dessus et la mission "Endeavour" est envoyée pour entrer en contact avec l'objet.

Arrivés sur place les astronautes parviennent à pénétrer dans le cylindre et n'en croient pas leurs yeux : c'est tout un monde qui s'offre à leurs regards, un monde construit par une main non humaine et déjà vieux de plusieurs millions d'années !

Arthur C. Clarke est l'auteur de dizaines de romans et nouvelles dont le célèbre "2001, l'odyssée de l'espace" ou encore "Dix sur l'échelle de Richter". Il nous a quitté en mars 2008 à l'âge de 91 ans.

"Rendez-vous avec Rama" d'Arthur C. Clarke"

Éditions : J'ai Lu

ISBN : 2290320897

Prix : 4,75 €

2013-07-12T07:00:45+02:00

On a tué mes enfants - Ann Rule

Publié par Sabrina Richard
On a tué mes enfants - Ann Rule

Une nuit, Diane Downs se précipite aux urgences. Ses vêtements sont ensanglantés, elle pleure et hurle qu'un homme vient de tirer sur elle et ses trois enfants alors qu'elle roulait sur une route isolée.

Les enfants, deux filles et un garçon, sont rapidement pris en charge mais l'horrible vérité tombe, implacable. L'une des filles a succombé à ses blessures, les deux autres enfants sont dans un état grave et seront probablement handicapés à vie.

La police est sur les dents. Tout le monde cherche ce mystérieux homme brun qui, sans raison apparente, aurait perpétré ce carnage.

L'enquête piétine... Le procureur en charge du dossier, Fred Hugi, a des doutes. Diane aurait-elle caché des éléments ? Ses déclarations sont troublantes et contradictoires... Et si tout ceci n'était qu'une mascarade ? Et si Diane avait commis l'irréparable ? Et pour quelles raisons ?

Roman sorti en 1987, basé sur des faits réels.

Ann Rule a été officier de police dans les années 50. Elle a formé des policiers pendant de nombreuses années et a participé à la traque de serial killers.

"On a tué mes enfants" d'Ann Rule

Éditions : Livre de Poche.

ISBN : 2253112992

Prix : 7,22 €

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